Oblivion - L'elfe qui craignait la mort

C'était lors d'un matin brumeux que des murmures se firent entendre par delà la chapelle.

Au détour d'un jardin discret, un elfe semblait attendre ma venue. Il paraissait troublé par quelques angoisses que seules les personnes sur le point de mourir connaissent. Mue par je ne sais quel élan de bonté, teinté de curiosité, je m'approchais du jeune elfe. Épris de désespoir, il posa ses mains sur mes épaules puis soupira, suppliant, de le retrouver lorsque les cieux seraient noire de jais.


La nuit à son apogée, je retrouvais Glarthir, transit de froid et d'effroi derrière la bâtisse religieuse. Ses pupilles étaient tant dilatées de peur que les étoiles s'y miraient. Anxieux, il me confia qu'une villageoise voulait sa mort. Il me conjura de le défendre et d'enquêter sur le danger qui pesait sur son existence. Convaincue, je jurais alors sur ma vie de protéger l'être frêle de l'imminence du meurtre. Dès le lendemain, je m’enquérais auprès de la jeune femme de ces sordides histoires. La pauvre habitante, navrée, me confia que l'elfe était un être différent. Grisée, elle me supplia de le raisonner.


La nuit suivante, je m'empressais d'aller rassurer l'elfe des bois sur les intentions de la femme qu'il craignait. Soulagé, il murmura alors d'autres noms. Des individus dangereux. Des malfrats.


Décidée à apaiser la torture qui animait l'elfe, j'enquêtais des jours durant sur chaque nouvel habitant que Glarthir me confiait. Chaque nuit, je revenais derrière la chapelle. Chaque nuit, je revenais plus inquiète. Quel démon habitait l'esprit torturé de ce petit être ? Quelle malédiction lui susurrait que tous voulaient sa mort ?


La dernière nuit, je revins avec la ferme intention de lui rendre la paix d'esprit qui avait du l'habiter jadis. En lui contant toutes les bonnes paroles de ceux qui l'avaient un jour côtoyé, je vis ses yeux s'illuminer. Puis s'embrumer.

Soudain, il retira ses mains que j'avais empoignées amicalement, l'air sombre.

"Alors, vous aussi."

Il dégaina une maigre épée de son fourreau, et seul un cri étouffé s'éleva au ciel cette nuit là. Le visage brisé de douleur et de larmes, je l'entendis demander pourquoi avant de glisser au sol.


Tandis que j'essuyais mon épée ensanglantée, ses derniers soupirs caressèrent les brins d'herbe près de son visage horrifié.

L'elfe avait toujours su qu'un jour, quelqu'un le tuerait, et je venais de réaliser cette terrible prophétie.




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