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Mélancolie - le rêve amer

Dans un crépuscule infini, condamnés à revivre l'aube d'un souvenir encore et encore, la mélancolie nous renvoie à nos rêveries les plus singulières, empreintes d'une tristesse brûlante ; elle pose un voile sur l'esprit et embrume nos corps las de vivre l'instant présent. Dans les plus intenses sentiments qui soient, il semble que la mélancolie détienne une place toute particulière dans nos existences. Étape inévitable des insomniaques et autres individus trop portés sur la réflexion et la remise en question, la mélancolie devient vite une présence familière qui reprend parfois notre main, dans un élan désespéré d'attention. "J'ai existé", vous dit-elle. Mais pourquoi ne pas simplement oublier, ou accepter l'existence passée d'un moment de notre vie ? Qu'y a-t-il de si obsédant à ressasser éternellement des émotions qui seront déformées par tant d'interprétations qu'elles en deviendront inintelligibles ?


Mélancolie ou nostalgie ?


Il peut être légitime de se demander s'il existe une distinction entre la mélancolie et la nostalgie. En effet, ces deux états font appel au ressassement du passé.

Mais de quel passé ?

La nostalgie a ce goût de douceur et de bonheur d'antan que la mélancolie habille de tristesse. Le bonheur se retrouve précipité dans les méandres de la perte, mais aussi dans la peur de ne jamais y goûter à nouveau. La nostalgie semble même pouvoir s'éprouver sur un passé que nous n'aurions pas connu. Elle se manifeste notamment via des courants de modes, avec par exemple le revival des années 80 et 90 que certaines personnes n'ont pas connu et fantasment. Quand bien même cette nostalgie peut provoquer un sentiment de tristesse (le fameux "c'était quand même mieux avant"), il est bien moins prononcé que la détresse liée à la mélancolie.

Tandis que la nostalgie semble sublimer le souvenir ou l'image du passé véhiculée par un médium quel qu'il soit, la mélancolie transforme et déforme le souvenir pour en extraire l'essence même de ce qui nous fait nous sentir si vivant et si mort à la fois.

La nostalgie vous murmure des mots lumineux et la mélancolie extrait, tel un filtre, les sentiments les plus infimes et fugaces que nous avons pu éprouver puis les fait muter, grandir, évoluer. Le souvenir n'est plus, laissant place à une image d'une image du souvenir, arborant de nouvelles couleurs, un nouveau goût que nous nous repassons transits, le regard vide et les mains moites.


Distinguer les deux ne doit pas toujours être possible. À titre personnel, je ne vois pas la mélancolie comme une ennemie. Je l'accueille et prend tout ce qu'elle a à me donner. La tristesse, le désespoir et la mort y compris. Refouler ces sentiments me semble plus vain que de les embrasser. Exprimer ces sentiments me semble aussi primordial.

S'il est communément admis que créer, que l'Art n'est pas un besoin nécessaire à notre survie biologique, en consommer ou en produire fait tout de même partie intégrante de nos sociétés. Nos civilisations ont créé des maux et des remèdes qui leur sont propres. Ainsi, il ne me semble pas absurde de penser que le dessin, l'écriture et la musique sont des moyens d'exprimer la puissance de la mélancolie en une représentation transcendante. Traduire, trouver l'exactitude du sentiment qui nous parcoure est un moyen de le sublimer et d'amorcer un semblant de paix et d'harmonie avec lui.

Je dirais même que consommer ces médiums artistiques peut amener à la mélancolie elle-même. N'avons-nous jamais été sidérés, comme emportés sans nulle explication, par une musique, une note, ou même une image que nous associons à un événement passé ? Nos 5 sens sont de prodigieuses machines à remonter le temps. Chez les hypersensibles, la mémoire sensorielle est telle que la mélancolie fait de nous une proie de choix. Je ne saurais que trop vous recommander la vidéo de Maxwell, l'OST de votre vie, qui retrace magistralement le parcours sensoriel que nous entreprenons, malgré nous, par le prisme de la musique. C'est à se demander si la musique, le son, n'aurait pas une part de mélancolie par nature. Chaque note est voué à une éphémérité remarquable. La fugacité de la musique, de ce que nous écoutons, explique probablement ce besoin de repasser un passage ou même une phrase en boucle, allongés en tentant de sentir s'insinuer en nous tout le sens de ce que la musique tente de nous exprimer.


Du côté des sciences et de la littérature, de nombreux théoriciens ont participé à construire une définition plus ou moins exacte de la mélancolie, preuve qu'elle est indissociable de nos existences.


Les origines pathologiques de la mélancolie


La mélancolie n'est pas un simple sentiment. Associée à "la bile noire" dans les anciens écrits de médecine antique, elle s'apparente à une pathologie sérieuse très liée à la dépression chronique. La mélancolie se traduit par des crises où le ressassement des pensées atteint l'individu de manière trop forte pour passer outre. Les émotions liées au souvenir s'emparent du sujet et génèrent une anxiété assez sévère pour devenir symptomatique d'un état de mal-être généralisé.

Hippocrate, dans son traité de Théorie des Humeurs (entre 460 et 370 avant notre ère), suppose que la mélancolie serait un effet de resserrement sur le corps, se traduisant inexorablement par un vomissement. Le corps entier est, toujours selon cette théorie, régi par l'équilibre délicat entre la Bile Jaune, le Sang, la Bile Noire et la Lymphe. La Bile Noire, associée à l'élément de la terre, froide et sèche, serait anormalement déséquilibrée et serait produite par la rate. Cette bile est aisément associée à ce qu'on appelle aujourd'hui les troubles anxieux. Bien que ces théories aient été contredites par la médecine contemporaine, l'idée que l'anxiété et la mélancolie soient intrinsèquement liées à un mal-être physique n'en demeure pas moins crédible. Certes, notre rate ne produit pas un liquide responsable de notre tristesse, mais notre tristesse impacte directement l'idée que l'on se fait de notre corps et notre manière de le sentir, ou ne plus le sentir.

Enfermés dans notre enveloppe charnelle, face au destin inéluctable de notre mortalité, le souvenir du passé nous renvoie à un temps filant, à une existence absurde et au néant. Comment ne pas nous sentir plus vivant que jamais face à la certitude de notre propre mort ? Et comment vivre sans savoir pourquoi le passé est révolu ? Autant de questions qui rendent la mélancolie symptomatique d'un vrai malaise et caractéristique d'un état inconsolable.


Mais comment un événement, qui peut paraître a priori anodin, peut-il avoir autant d'effets négatifs sur notre psyché ?

Il semblerait qu'un souvenir, aussi heureux ou malheureux soit-il, puisse faire anormalement appel à une réflexion intense de notre part. Ainsi, les personnalités enclines à "trop réfléchir" pourraient être bien plus vulnérables aux effets de la mélancolie. Qu'elle survienne un sombre matin d'hiver ou au gré d'une promenade ensoleillée, la mélancolie est un carcan d'amertume singulier, qui nous est propre et est lié à un événement passé. Ledit événement peut être fugace comme il peut représenter une période particulière de l'existence. Les mains de la mélancolie serrent alors notre gorge, et l'amertume de ce qui ne reviendra jamais s'écoule et s'insinue dans nos poumons, puis dans notre estomac, jusqu'à ce que l'encre de nos souvenirs ne retrace plus correctement les lettres du passé, jusqu'à ce qu'elle coule seulement en nous, partout, même dans les tréfonds de l'âme.


Outre Hippocrate, Aristote définissait dans Problemata XXX (entre 384 et 322 avant notre ère) le « mélancolique de nature » comme quelqu’un d’une sensibilité particulière qui oscille tant entre la paralysie et l’hyperactivité de ses pensées qu’il peut basculer dans la folie, le délire ou la faiblesse d’esprit ; cette oscillation est plus connue de nos jours sous l'appellation de syndrome maniaco-dépressif ou de troubles bipolaires dans des cas plus pathologiques. Pour Aristote, il ne fait aucun doute que « tous les êtres véritablement hors du commun, que ce soit dans le domaine de la philosophie, de la conduite de l’État, de la poésie ou des arts, sont des mélancoliques -certains même au point qu’ils souffrent de troubles provoqués par la bile noire » puis déclare élégamment que, si le mélancolique réussit à marcher sur cette crête étroite séparant génie et folie, « le comportement de son anomalie devient admirable d’équilibre et de beauté ». Il semble que cet équilibre définisse le penchant expressif résultant de la mélancolie. Le sentiment de mélancolie et son éventail d'émotions sont si puissants que tenter de toucher l'exactitude de leur expression relève d'un projet divin. Aristote pense que "La bile noire élève l’âme jusqu’à la compréhension des choses les plus hautes". La mélancolie met en place un théâtre intérieur qui amène à nous interroger sur le sens de nos émotions, mais aussi sur le sens de problématiques bien plus universelles. Ainsi, la mort, l'amour, et par conséquent la fuite du temps sont des préoccupations classiques et romanesques des mélancoliques.


Marsile Ficin soulève d'autres problématiques dans son Commentaire du Banquet de Platon (1468-1469), notamment dans un chapitre sur l'amour, la mélancolie et la fureur. Selon lui, la montée de la nature humaine vers une figure plus divine se réaliserait selon les trois étapes citées, et la mélancolie serait une étape dite "basse", lieu de gestation pour s'élever vers la haute fureur par la force de l'amour. La mélancolie est perçue comme un état de détresse psychique et physique. Associée à l'indigence, l'extrême pauvreté, la mélancolie serait alors le résultat d'un esprit meurtri par la tristesse et d'un corps à l'arctique de l'anémie. Les pensées trop tournées vers l'être aimé affaibliraient l'esprit qui s'épuise à errer sans cesse vers nul but. L'amour-indigent serait la cause de la mélancolie, présentée comme une maladie. Ainsi, c'est l'excès de la pensée de l'amour qui rendrait l'humain inapte à vivre correctement. Seuls les individus prédisposés à la bile noire et à la pensée dite excessive seraient alors concernés. La nature, selon Ficin, ne serait pas propice à faire s'assembler un bon fonctionnement de l'état du corps si l'esprit est si accaparé à générer des fantasmes.


Il semble que de nombreuses théories imputent la fatalité de la mélancolie à un état psychologique proche de la dépression. La mélancolie révèle nos questionnements existentiels et fait office de catalyseur. L'individu en proie à la mélancolie semble donc condamné entre un état de léthargie ou une volonté d'exprimer et de trouver des réponses proche de l'obsession, faisant des miracles dans les domaines de la création. Si le dessein d'artistes notables était de représenter leurs pensées, leurs émotions, et toute la complexité de l'existence, il s'avère que certain.e.s se sont risqué à tenter de représenter la mélancolie elle-même.


Représenter la mélancolie (?)


Au fil des recherches, je m'arrête sur La Mélancolie d'Albrecht Dürer de 1514. Explicitement nommée, elle propose une représentation extrêmement figurative de la mélancolie, très ancrée dans la mouvance symbolique. Se pourrait-il que cette illustration prétende à une représentation universelle de ce qu'est la mélancolie ?

L’énigmatique gravure Melencolia I donne à voir la mélancolie en une multitude de symboles. J'éviterais de me lancer dans l'interprétation bête et méchante des différents éléments présents pour me concentrer plutôt sur la signifiance globale de l'œuvre. La mélancolie émane du ciel accompagnée d'un rayonnement puissant, inévitable, révélant ses différentes traductions possibles au travers des figures présentes à l'avant de la composition.

Dürer dissémine de nombreuses allusions au temps, entre le sablier, la cloche, l'attente palpable de certains protagonistes, et le "carré magique" qui pourrait, selon les interprétations, faire allusions à différentes dates clés de l'histoire ou à une interprétation occulte des astres.

Des outils d'artisanat jonchent le sol, comme laissés à l'abandon. De nombreux symboles relient la tonalité de l'œuvre à une vision apocalyptique. Il semble que la mélancolie se soit abattue sur tout ce qui permet de la contrer. Le travail et la connaissance sont suspendus, attendant le jugement du temps. Si on considère que l'ange adulte est sous l'emprise de la mélancolie, l'air ennuyé, pensif avec ses sourcils froncés, il semblerait que même l'angelot -peut-être une image de l'innocence- soit condamné à attendre que la mélancolie cesse de balayer le lac de ses rayons pour reprendre sa vie.

Ici, la mélancolie est perçue comme un arrêt presque brutal des choses, voire de l'existence qui paraît suspendue dans l'attente d'une solution, d'une réponse. La morosité et l'immobilité font état d'être de l'épris de mélancolie. La mélancolie paralyse, elle s'insinue et ronge ce qui semblait acquis.

La représentation moyenâgeuse de la mélancolie repose sur un ennui extrêmement péjoratif, en particulier pour les artisans. La passivité a pour réputation d'accroître la vulnérabilité au démon. Un passage se serait opéré entre la maladie très liée à un état physique, à la fameuse Bile Noire, pour être transposée à un état bien plus moral, plus lié à la religion, et par la suite à une maladie presque "culturelle".


Ainsi, j'ai la sensation que le symbolisme était une approche judicieuse pour apporter toute la complexité de la mélancolie en une représentation. Toutefois, comme évoqué plus haut, la mélancolie fait office de carburateur pour les esprits enclins à exprimer les affres de l'âme. Si les mélancoliques ne traitent pas directement de la mélancolie elle-même dans leurs sujets de prédilections, elle impulse une vision du monde que les concerné.e.s comprennent, étant ainsi transcendés par je ne sais quelle connexion entre des visions torturées de l'existence.


Le motif mélancolique : un parfum romanesque


Pour reprendre les théories de Ficin, lui pensait que « l’âme immortelle de l’homme est en malheur constant dans le corps », dans lequel elle « dort, rêve, délire et souffre », emplie d’une nostalgie infinie qui ne connaîtra nul repos avant qu’elle ne « retourne d’où elle est venue ».

Et si nous tentions de créer afin d'atteindre ce but de l'ailleurs inconquis ?

La mélancolie est un sujet de prédilection pour de nombreux genres littéraires. De l'essai philosophique au roman en passant par le spleen poétique, la mélancolie déchaîne les passions de celles et ceux qui écrivent. L'écriture s'apparente à un exutoire mais aussi à un moyen de conserver une trace expressive du souvenir qui hante les pensées. La tristesse qui émane d'une figure chère à un.e auteur.e déploie une puissance créative considérable. Le chagrin inhérent à la mélancolie amène alors à une introspection régulière, pouvant entre autre donner lieu à une forme de mise en abyme : "je suis triste alors je pense à la notion de tristesse et je m'interroge dessus".


La poésie semble être un médium particulièrement apprécié des mélancoliques. Focalisée sur les sens, elle permet aussi l'emploi d'un vocabulaire poussé, une recherche d'exactitude dans le choix des mots, qui permet de transcender la narration. Le motif de la nature entre autre permet d'exprimer les tourments de l'esprit. Le spleen est un genre littéraire poétique réputé pour être le plus bercé dans la mélancolie, puisqu'il s'exprime volontairement sur la détresse des sentiments allant jusqu'au dégoût même de l'existence. C'est la forme la plus amer de la mélancolie qui pousse à exécrer la vie et son non-sens. La particularité du spleen est qu'il n'aurait pas de cause, seulement un ennui terrible de vivre, poussant le mélancolique à une haine telle qu'une forme de rage plus vivace pourrait en éclore.

Les poètes romantiques du XIXe siècle connaissent cet affect qualifié de Mal du Siècle par Chateaubriand et de Musset, qui ne serait autre que l'état de dissonance créé entre la société moderne et les artistes. Une forme de désenchantement de l'existence qui ferait naître un malaise pour tout être doué de sensibilité, désabusé par le rythme d'une société sacrifiée au nom de préceptes absurdes. La pathologie individuelle s'est donc étendue à un mal ancré dans les mœurs.


Dans une approche réduite au traitement du temps qui s'écoule, qui est un motif purement mélancolique, il est difficile de passer à côté de l'immense œuvre de Proust À la recherche du Temps Perdu (1906-1922), qui est une ode à la mélancolie pour nos recherches. Je ne vous ferais pas l'affront de prétendre l'avoir lu. Je connais, comme beaucoup, des extraits notamment sur la madeleine qui n'est autre qu'un cocon de mélancolie lié au sens du goût. La justesse de la description de ce qu'on appellerait aisément un flashback aujourd'hui scelle la puissance de notre psyché et notre manière de concevoir le passé, soulevant un monticule de questions. Pourquoi ne pas se contenter de se souvenir ? Pourquoi rendre tout si intense ? J'aime cette idée que nous cherchons, quelque part dans nos émotions, du sens à nos existences. Pas le sens de la vie non, mais un sens qui transcenderait tout cela, qui serait bien au delà d'une simple réponse, bien au delà d'une alternative à la mort, quelque chose au dessus, bien au delà du dicible ou de l'intelligible.


La mélancolie nous transpose dans une réflexion bien plus métaphysique que le questionnement autour d'un simple souvenir. Ce n'est plus du souvenir qu'il s'agit, mais de tout ce qui l'entoure. Le souvenir n'a pas d'importance. Nous le repasserons tellement qu'il en sera totalement dénaturé, devenant ainsi sublime et terrifiant. Il me plaît de penser que la terreur liée aux angoisses existentielles font la beauté et l'attrait que nous avons pour des figures romanesques plus sombres à l'instar de Poe. Pour lui, la mélancolie est le ton poétique le plus légitime qui soit, et sa liaison avec la mort en fait une sujet fondamentalement beau. Le romantisme qui a pour point de départ la mélancolie revêt alors le voile de l'universalité. Le romantique embrasse la mort et les terreurs de l'existences pour en délivrer un message.

Dans une outre mesure, je ne nie pas la puissance de la mélancolie liée à des expériences cinématographiques et vidéo-ludiques. Je me suis moi-même vue tellement en immersion dans des jeux que j'ai la sensation d'avoir vécu quelque chose d'assez fort pour m'en souvenir comme d'une expérience vraiment vécue. J'aime songer aux fleurs qui murmurent des bribes de conversations passées sous la cascades d'Undertale, songeant aux personnes que j'ai aimé, aux fleurs qui nous auraient écoutés confier nos amours. Puis une larme coule, mêlée de bonheur et du deuil de ce qui ne reviendra pas.


Ainsi, les désabusés de ce monde ont tous à voir avec la mélancolie.

J'apprécie le caractère intime de la mélancolie. La partager est un présent sublime pour comprendre les tourments de l'âme d'autrui. Je pense aussi que la mélancolie peut se vivre à plusieurs. L'un des outils populaire les plus représentatifs de la mélancolie est à mon sens le blog personnel. Que sont, si ce ne sont des temples voués à la mélancolie, que les montages et bribes de pensées, souvenirs et expressions d'une passion laissés dans un coffret par une jeunesse dans le désir de créer ? Tous les moyens d'expression sont un prétexte à évacuer une part de la mélancolie en nous. Se confier. Écrire. Chanter. Siffler un air dont on a oublié la provenance. Attraper sa main avec son autre main, se rappelant qu'une personne chère l'a un jour tenue. Puis fermer les yeux, et sentir toute la solitude et l'unicité de son expérience, accompagné de la seule encre noire, la Bile Noire, coulant en nous, qui fait la beauté et l'effroi de nos existences.



Image de couverture : Zdzislaw Beksinski - Untitled, 1974

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