• Nébule

Je suis E.

Hors-sujet, HyperSensibles, témoignage d’une tranche de vie.

Voici un témoignage d’une personne hypersensible, je laisserai les témoignages bruts, avec leurs tournures, leurs fautes ; pas de classisme ou de validisme ici : j’effacerai tout commentaire qui portera sur la forme. L’idée est de partager des choses ensembles. Bienveillance sur vous.


« Depuis ma naissance, j’ai une malformation à la main, et à cause de cette malformation j’ai eu une enfance très douloureuse (moquerie, exclusion, harcèlement…), mais je n’ai jamais su si c’était mon hypersensibilité qui avait accentué cette douleur ou si c’est cette douleur qui m’a rendue hypersensible

L’hypersensibilité chez moi, elle transpire dans plusieurs aspect de ma vie.

Amoureuse déjà : je m’emballe facilement, dans le bon ou le mauvais sens. Je vois des sentiments qui n’existe pas, je désespère de me sentir aimée comme j’aime, je m’inquiète pour une petite remarque – « ça y est il va me larguer c’est sûr » -, s’il ne réponds pas à mon dernier message au bout de 2 ou 3 heures (avant c’était en minutes) je panique complètement. Évidemment les ruptures sentimentales sont particulièrement nombreuses et plus douloureuses à chaque fois, renforçant mon sentiment d’abandon. Les nombreuses tromperies n’arrangent rien avec le temps.

Personnelle. Je suis bien plus réactive que la moyenne, je me braque instantanément. Et à côté de ça j’ai peur du conflit. La moindre remarque est perçue comme une attaque personnelle contre laquelle je dois absolument me défendre. Évidemment, expliquer à quelqu’un que je réagis comme ça parce que je suis hypersensible provoque instantanément une crise de larme. L’évoquer avec un.e ami.e (même de confiance) me fait ressentir une boule dans la gorge, ça étrangle ma voix. Quelqu’un finis toujours par me dire « ça va ? », et c’est reparti pour les larmes. Comme je rumine beaucoup, je dors mal, je suis donc très fatiguée. L’anxiété me fait également grincer des dents, encore une fois ça perturbe mes nuits. Parfois j’ai du mal à me concentrer, je n’arrive pas à lire, je m’endors au bout de quelques pages.

Au travail. Je n’arrive pas toujours à contrôler. La plupart des gens savent, alors quand ils voient que ça ne va pas ils font comme s’ils n’avaient rien remarqué. Comme ça je n’explose pas et ça me laisse le temps de m’éclipser discrètement pour ne pas pleurer devant témoin. Parfois je n’arrive pas à me contrôler, heureusement pour moi je suis entourée de collègues et de manager compréhensif qui ne me jugent pas, et me laissent même croire que ça arrive à tout le monde. Et évidemment, je me pense incompétente malgré mes entretiens de fin d’année pendant lesquels mon boss me répète que je fais du très bon travail et qu’il est content de moi (je suis assistante de direction)

Cette hypersensibilité englobe beaucoup de choses chez moi : – Empathie – Très gros syndrome de l’imposteur, j’ai l’impression que tout le bien qui m’arrive est injustifié, comme si je n’avais pas droit au bonheur – Intolérance à certains bruits (enfants qui crient/pleurent, collègues qui font une réunion dans le couloir, personnes qui parlent fort dans les transports… – Auto-isolement (par besoin ou par habitude) – Difficultés à « passer à autre chose », je rumine énormément – Bruxisme (j’ai tout le quart supérieur gauche limé par des nuits de grincement de dent – Intolérance à l’ennui : si je reste inactive trop longtemps je me dévalorise, je me sens comme un déchet – Peur extrême de l’abandon »

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