Errances 5

Ainsi ma vraie nature était révélée. C'est sans nulle foi que j'étais née,

Et j'étais enfin consacrée

Reine déchue parmi les damnés.


Un drap de brume vint entourer ma peau nue.

Brodé de milles âmes perdues,

Il ondulait dans des murmures aiguës,

Ponctués de plaintes éperdues.


Le Gardien souriait désormais.

"Ici, tu seras à jamais aimée

Par ceux rejetés par les cieux

Qui ont cru en l'un de leurs dieux.


Les défunts t'ont choisie, mon épigone.

Tandis que les yeux des aïeux grisonnent,

Tu t'emplis de haine et d'innocence

Prenant ma place au royaume de la conscience."


L'âme bourdonnante qu'il tenait s'envola

Dans un fracas immense.

Elle gravit la tour lumineuse et se plaça

En sa sainte éminence.


Alors, un rayon incandescent traversa la salle.

Tous les corps furent broyés

En une poussière abyssale.

Le silence s'élevait des cendres tombées.


Le Gardien murmura sombrement

Quelques mots d'adieu.

Une larme perla longuement

Sur ses traits nuageux.


Apaisé et heureux,

Il disparu lentement,

Rejoignant le néant.

Me voilà seule, maîtresse de ces lieux.

logo-nébule.png

© 2020 par l'esprit embrumé de Nébule
CONTACT : bonjour.nebule@gmail.com

rejoignez la commu Discord blanc.png